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BRUYERES ET MONTBERAULT
Canton: Laon Sud
Arrondissement: LAON
Variante:
Ancien nom: BRUYÈRES-SOUS-LAON, Bruerius en 1081, Brueriæ en 1186, Bruyeriæ subtus Laudunum.
Population: 1632
Patron: la Vierge
Lien:
Mairie: 1 place du Général de Gaulle
Tél : 03.23.24.74.77
lundi, mardi, jeudi, vendredi : 9-12H et 14-16H
mercredi et samedi : 9-12H
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Fort Henriot-M.Nivelet
 
Aujourd'hui | Autrefois
Histoire :
BRUYÈRES-SOUS-LAON:
Petite ville de l'ancien Laonnois, bâtie au pied d'une haute colline au point de jonction de l'antique chaussée gauloise de Laon à Reims avec celle dite de Barbarie de Laon à Metz, à 6 k. au S.-E. de Laon, autrefois de l'intendance de Soissons, des bailliage, élection et diocèse de Laon, aujourd'hui des canton et arrond. de cette ville, du diocèse de Soissons.

Quoique construit sur la très vieille voie gauloise qui conduisait directement autrefois de Reims à Laon, Bruyères ne paraît pas être fort ancien. Les termes d'une charte de 1133 indiquent assez clairement qu'il aurait été fondé peu avant cette époque par une colonie de ces serfs que l'on appelait alors gens de manse muable, parce qu'ils jouissaient du droit de quitter les domaines de leurs maîtres pour aller s'établir où il leur plaisait. Le nom de cette ville, de basse latinité, indique d'ailleurs qu'elle fut bâtie dans un endroit tout rempli de bruyères (Bruærium, lieu plein de bruyères ). Cette étymologie, qui paraît la plus vraisemblable, dément à elle seule l'opinion de ceux qui veulent voir dans le site de Bruyères l'emplacement de l'ancien oppide gaulois de Bibrax.

Selon les vraisemblances, le terroir de Bruyères appartenait originairement au domaine, et l'un des rois de France l'aurait donné vers le 10e siècle, partie à l'église de Laon et partie à des seigneurs laïques, tout en s'en réservant comme d'usage la suzeraineté. Alors, paraît-il encore, un certain nombre de gens de manse muable des environs, vinrent s'établir dans ce canton désert, y fondèrent la ville actuelle, et en 1130, obtinrent de Louis-le-Gros une charte communale calquée sur celle de Laon. Mais ce territoire appartenait, comme nous l'avons dit, à plusieurs seigneurs différents. Le roi, dans la vue de régulariser cette institution et de la faire accepter par eux, leur abandonna en dédommagement , les deux tiers de la redevance annuelle de 30 livres que les habitants de Bruyères s'étaient engagés à lui payer annuellement pour obtenir leur charte de commune.

Cette charte, calquée sur celle de Laon, consacrait leur émancipation civile et politique en prononçant la suppression de la morte-main et du fors-mariage. Elle leur permettait d'avoir une administration municipale formée d'hommes élus par eux et choisis dans leur sein, avec un tribunal également composé de citoyens. Elle garantissait les Bruyérois, moyennant une légère redevance annuelle, contre l'arbitraire et les violences des seigneurs laïques et ecclésiastiques, leur permettait de choisir des épouses là où ils voulaient, déterminait les peines applicables à chaque délit et à chaque crime, et assurait l'hérédité des biens dans les familles; en un mot elle transformait les Bruyérois en hommes libres, de serfs qu'ils étaient auparavant. Pour éviter de nous répéter , nous renvoyons à l'article de Laon, où nous donnerons des détails étendus sur les franchises communales de cette ville, détails qui s'appliquent également à Bruyères.

Les habitants de cette ville conservèrent leurs franchises et leur administration municipale jusqu'au moment de la révolution française. Les malheurs du temps les avaient bien contrains au 17e siècle, à vendre leurs droits de commune au comte d'Estrées; mais ils étaient rentrés dans leurs privilèges en 1665. Grâce à ces franchises, le bourg de Bruyères vit sa population augmenter rapidement, et il devint assez important et assez riche pour que les habitants songeassent à l'entourer de murs au 14e siècle. Jusque-là l'église, grande et solidement construite, leur avait servi de forteresse et de retraite dans les temps de guerre. En 1357, de l'agrément du roi, ils construisirent un mur solide à l'entour de leur ville, le percèrent de quatre portes et le flanquèrent de dix tours avec un large fossé en avant. Quelques années plus tard, ils construisirent une seconde muraille autour de l'église, de manière à en faire une sorte de citadelle où ils pussent se retirer en cas de prise du reste de la ville. Cette forteresse, que l'on nommait le château, était tombée en ruine au siècle suivant; elle fut rebâtie en 1436 , de l'agrément du roi, qui permit aux habitans de la munir de tous les ouvrages nécessaires à une bonne défense.

Les habitans de Bruyères avaient à peine mis leur ville en état de défense, qu'elle fut attaquée par les Navarrais. En 1358, ils lui livrèrent plusieurs assauts qui restèrent infructueux ; mais l'année suivante elle fut surprise par la garnison de Vailly qui, après l'avoir pillée, y mit le feu. Les mêmes Navarrais parvinrent encore à se rendre maîtres de Bruyères en 1373, le pillèrent et l'incendièrent de nouveau. Les Bourguignons le prirent à leur tour en 1433; mais l'année suivante il fut rendu au roi en échange d'Aulnois et de Ham. En 1567, les Allemands emportèrent Bruyères d'assaut, passèrent les habitans au fil de l'épée et mirent le feu à la ville. Ses titres et papiers furent consumés dans cet incendie, ainsi que la toiture de la nef de l'église. Enfin Balagny se rendit maître de Bruyères en 1589 ; mais cette ville rentra peu de temps après sous l'obéissance du roi.

Il y avait anciennement dans l'église de Bruyères un petit chapitre composé de six chanoines , qui faisaient l'office en commun avec le curé de la paroisse. Ce chapitre était un démembrement de celui de l'église de Laon; il existait encore au 13e siècle. Bruyères était le chef-lieu d'un doyenné dès le 11e siècle. Anguilbert, doyen de Bruyères, signe sur une charte de l'an 1081 ; c'est la plus ancienne mention de cette ville qui nous soit connue. Une maladrerie fut établie à Bruyères par les habitants dans le courant du 12e siècle. Une chapelle fut fondée en 1195 dans ce petit établissement de bienfaisance. Les habitants établirent ensuite, mais à une époque qui n'est pas connue, un petit Hôtel-Dieu, qui n'existait déjà plus au 18e siècle. La maladrerie fut réunie à l'Hôtel-Dieu de Laon en 1695; une partie de ses revenus était consacrée depuis 1645 à l'instruction des enfans pauvres de Bruyères. Le bureau de bienfaisance a été établi en 1825.

En 1232, les habitants de Bruyères achetèrent au seigneur de Montchâlons le droit de pâture sur les terres de Chérêt et celui de les mettre en culture à leur volonté. Le sire de Montchâlons se réserva le terrage des fruits et la justice.

Le roi Louis XIV, voulant récompenser la fidélité des Bruyérois, confirma en 1679, les trois foires franches qui leur avaient été accordées par ses prédécesseurs, la première de huit jours, devant commencer le lendemain de la Chandeleur; la seconde de six jours, le lendemain de St Caprais ; et la troisième de quatre jours, le premier d'août. Pendant la durée de ces foires, les Bruyérois ne payaient aucun droit de 8e et de 20e pour tous les vins qu'ils vendaient. Ces foires se tiennent encore le 3 février, le lundi des Rogations et le 21 octobre.

Ils s'étaient, dès 1340, rachetés des appeaux volages moyennant une rente de deux sous parisis par feu qu'ils payaient annuellement au roi. Les milices de la commune de Bruyères se trouvèrent à la bataille de Bouvines, en 1214, et s'y distinguèrent. Elles eurent pour leur part du butin six prisonniers de marque.

Il existe à Bruyères une source d'eau minérale.

Bruyères a vu naître quelques personnages distingués : Thomas et Guy de Bruyères furent l'un et l'autre abbés de St-Vincent de Laon, le premier en 1249, le second en 1271 ; celui-ci a composé quelques homélies qui sont aujourd'hui perdues. Jean de Bruyères devint doyen de Cambrai en 1280. Jean de Bruyères, abbé de St-Martin en 1331. Jean de Bruyères ou de St Austrude, abbé de Vauclerc en 1419. Jean de Bruyères, abbé de Thenailles en 1454. Emme de Bruyères fut nommée abbesse du Sauvoir en 1295.

MONTBERAULT:
Ce hameau, dépendant de Bruyères-sous-Laon, formait jadis avec Courthuy, une paroisse à part sous le vocable de St Montain. On y comptait 69 habitans en 1760 et 6 feux en 1816. Il appartenait autrefois au chapitre de Laon , qui, en 1160, le céda pour vingt ans à l'abbaye de Liessies, sous condition de partager par moitié les moissons avec elle.

Cent ans après, celle-ci le céda à Thierry, seigneur de Portes, pour une rente de 45 deniers, 14 setiers de vin et un jalloi d'avoine.

Ce hameau est la patrie de Gobert de Montbérault, très habile docteur de l'Université de Paris, en 1354.

 
Hameaux :
  • Montbérault (hameau);
  • Breuil (ferme);
  • la Tour, Notre-Dame, Provant, Bocaut, Crolet (moulins);
  • Durand, Chamberlin (isolées).
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    Sources : Dictionnaire historique de Melleville
    INSEE
      425
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